Question à Jean-Claude Prager, directeur des études économiques de la Société du Grand Paris

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Dans le cadre du Grand Paris, on décrit souvent Saclay comme la future Silicon Valley française, quelle est votre analyse ?

« Saclay est une formidable chance pour la France et sa prospérité et c’est la raison pour laquelle il faut réussir Saclay ! Pour cela il convient de réaliser au plus vite la ligne 18 dans son ensemble comme l’a décidé le gouvernement. Le modèle de la Silicon Valley fait rêver les politiques du monde entier et on voit émerger partout des projets de réplication de cette formidable réussite dans l’économie entrepreneuriale de l’innovation d’aujourd’hui. Mais l’histoire économique de la Silicon Valley est unique dans l’histoire. Ne cherchons pas à copier la Silicon Valley : nous n’y arriverons pas et nous avons mieux à faire. Saclay doit réussir et être également un exemple car elle bénéficie de plusieurs formidables avantages. Le modèle d’innovation à la française est un des meilleurs du monde pour les écosystèmes formés autour des grandes entreprises et des grands centres de recherche : par exemple Minatec (campus d’innovation en micro et nanotechnologies) nous est envié dans le monde entier, nous avons une filière aérospatiale qui concurrence avantageusement la production américaine, et nos mathématiciens sont les meilleurs. Autre avantage considérable, notre cohésion sociale qui comme on le sait aujourd’hui est un facteur du développement. De plus Saclay est partie prenante d’une métropole mondiale riche en talents de toutes sortes et en initiatives multiples dans le domaine de l’innovation comme celles de la Ville de Paris. Et enfin, nous avons une capacité de planification qui devrait nous permettre de bien combiner développement économique et développement urbain. Mais ce n’est pas gagné d’avance : les conditions de la réussite seront de savoir compenser la complexité et la multiplicité des acteurs par de fortes visions et une bonne coordination, de faire de la France un pays favorable à l’esprit d’entreprise des chercheurs, d’assurer un développement suffisant du nombre de logements qui est aussi une condition de la croissance, et enfin de savoir « faire ville » à Saclay. Voilà les principales conclusions de notre colloque tenu le 15 janvier sur cette question. C’est un défi pour la France. »

Interview initialement publiée dans la newsletter n°35 (janvier 2016) de la société du Grand Paris.

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