Environnement
Zone de protection naturelle, agricole et forestière

La loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris crée une zone de protection naturelle, agricole et forestière (ZPNAF) à Paris-Saclay. Cette zone rend non urbanisables les espaces naturels et agricoles qui la composent. Ce dispositif législatif unique en France, préserve les exploitations agricoles dans le périmètre concerné, et concilie agriculture et respect de l’environnement en mettant en place une gestion optimisée des espaces boisés et naturels du territoire.

La ZPNAF représente 4 115 hectares protégés dont

2 469 hectares consacrés exclusivement aux activités agricoles et 1 646 hectares composés de forêts,

cours d’eau, espaces naturels et rigoles.

 

Le jeudi 11 octobre 2018, la charte relative à la ZPNAF a été signée par l’EPA Paris-Saclay, les acteurs institutionnels locaux et représentants du monde agricole. Elle vient ainsi compléter le Programme d’action qui assure la pérennité des activités agricoles du territoire et confirme la vocation agricole du Plateau de Saclay.

 

Le 6 octobre 2020, des ateliers de concertation pour co-construire le système d’évaluation du Programme d‘action avec les pilotes et les partenaires du programme ont également été lancés.

1. Création

2. Programme d'action

3. Quelques dates

4. 7 questions

5.  Biodiversité

1. Création

2. Programme d'action

3. Quelques dates

4. 7 questions

5.  Biodiversité

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Sa création

La loi du 3 juin 2010

Cette loi (modifiée par la loi n°2014-58 du 27 janvier 2014 et abrogée par l’ordonnance n°2015-1174 du 23 septembre 2015) a confié à l’Établissement public Paris-Saclay, aujourd’hui l’Établissement public d’aménagement Paris-Saclay, la mission de délimiter cette zone. Dans ce but, le Conseil d’administration de l’Établissement a mis en place une commission «Agriculture et environnement», organe de réflexion pour la mise en œuvre de la Zone de protection naturelle, agricole et forestière. Cette commission présidée par François de Mazières, député maire de Versailles, a piloté le processus de délimitation en consultant l’ensemble des parties prenantes : représentants de la profession agricole, centres de recherche agronomique, collectivités territoriales et monde associatif. Ses travaux ont permis d’élaborer le projet de délimitation de la zone de protection qui a fait l’objet d’une enquête publique du 12 mars au 14 avril 2012.

La définition du périmètre

Pour la définition de son périmètre, l’EPA Paris-Saclay a confié aux Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER) la mise en œuvre d’une étude globale sur les terres agricoles du plateau de Saclay. Le bureau d’études, Ecosphère, a par ailleurs identifié les continuités écologiques et recensé les zones humides à l’échelle de l’Opération d’intérêt national. Ces analyses furent menées en collaboration avec l’ensemble des acteurs impliqués sur les problématiques agricoles et de gestion des milieux naturels. Le périmètre a définitivement été arrêté par le décret n°2013-1298 du 27 décembre 2013. La ZPNAF s’étend sur les communes de Bièvres, Buc, Bures-sur-Yvette, Châteaufort, Gif-sur-Yvette, Guyancourt, Igny, Jouy-en-Josas, Loges-en-Josas, Orsay, Palaiseau, Saclay, Saint-Aubin, Toussus-le-Noble, Vauhallan et Villiers-le-Bâcle.

Le règlement type de plan local d’urbanisme pour la zone agricole

La loi du 3 juin 2010 indique que l’interdiction d’urbaniser dans la zone de protection vaut servitude d’utilité publique quelles que soient les dispositions des plans locaux d’urbanisme (PLU) actuelles et à venir. Elle enjoint aux communes de mettre en comptabilité leurs PLU et leur avait donné pour cela un délai de six mois après la parution du décret. Dans ce contexte, l’EPA Paris-Saclay a proposé, en concertation avec les Directions départementales des territoires des Yvelines et de l’Essonne, la Chambre interdépartementale d’agriculture, aux SAFER et à l’association Terre et Cité, un règlement type de PLU pour la partie agricole de la Zone de protection. S’il ne crée pas de droit nouveau et s’il ne s’impose pas aux communes, ce règlement type concilie l’impératif d’interdire l’urbanisation dans la ZPNAF avec l’objectif de permettre certaines constructions à usage agricole si elles sont strictement nécessaires.

Terre et cité

Terre et Cité a été lauréat en 2014 du programme « Liaisons entre actions de développement de l’économie rurale » du dispositif LEADER, créé en 1991 par l’Union Européenne afin de soutenir des projets pilotes en zones rurales. Il est piloté par un Groupe d’Action Locale (GAL), composé d’acteurs socio-économiques privés et publics locaux. Le plateau de Saclay et ses vallées a été l’un des cinq territoires sélectionnés pour la programmation 2014-2020. Ainsi, ce territoire bénéficie de 1,239 millions d’euros de Fond Européens.

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En images

Véhicules agricoles près des étangs de la Minière

Vue sur la vallée à travers les arbres qui bordent le sud du plateau de Paris-Saclay

Voisinage de l'Abbaye Saint Louis du Temple, Limon

Lac près de l'école HEC Paris

Chemin qui mène à travers la forêt qui longe le sud du plateau Paris-Saclay

Bâtiment près de l'étang du Trou Salé

Bâtiment près de l'étang du Trou Salé

Bâtiments se trouvant près de l'étang du Trou Salé

Vue sur l'un des bâtiments qui composent l'Abbaye de Limon Saint Louis du Temple

Ferme proche des étangs de La Minière

Ferme de La Martinière à Saclay

Tournesols près des étangs de La Minière

Rue menant à des habitations

Vue sur l'étang de La Minière

Chemin près des étangs de La Minière

Rigole de Guyancourt passant près de l'étang du Trou Salé

Rigole de Guyancourt passant près de l'étang du Trou Salé

Champs agricole proche du quartier de Moulon

Champs près des étangs de La Minièrev

Paysage situé à proximité de l'étang du Trou Salé

Paysage autour des locaux de l'école HEC Paris

Champs près de la ferme La Martinière, Saclay

Vue sur le Centre d'Essai des Propulseurs de Saclay

Paysage qui borde la D60

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Le programme d'action

L’EPA Paris-Saclay a travaillé, en partenariat avec les acteurs locaux et institutionnels concernés et le monde agricole, à l’élaboration d’un programme d’action, conformément à la loi du 3 juin 2010. Ce programme précise les aménagements et les orientations de gestion destinés à favoriser l’exploitation agricole, la gestion forestière, la préservation et valorisation des espaces naturels et des paysages. Pour définir ce programme, l’EPA Paris-Saclay a signé, lors de son Conseil d’administration du 27 novembre 2015, une convention de collaboration avec l’association Terre et Cité, qui regroupe élus, agriculteurs et représentants de la société civile. Dans le cadre de ce partenariat, Terre et Cité est associée à l’Etablissement public d’aménagement pour la rédaction et la concertation du programme d’action. Conformément au code de l’urbanisme (article L123-34), le programme d’action est établi après consultation de la chambre interdépartementale d’agriculture d’Île-de-France lorsqu’il concerne la gestion agricole.

Ce programme a été adopté par le Conseil d’administration de l’Etablissement public d’aménagement le mardi 4 juillet 2017.

Les objectifs de ce programme sont :

Appuyer les projets agricoles....

… définir les conditions du maintien et du développement d’une agriculture productive viable et durable sur le territoire, dans la diversité de ses composantes et le respect des choix entrepreneuriaux effectués par les agriculteurs,

Protection et mise en valeur des espaces naturels....

…concilier l’agriculture et la préservation de l’environnement, en particulier en mettant en place une gestion optimisée des espaces boisés et des espaces naturels du territoire,

Développer les liens entre le plateau, les activités et les habitants...

…créer les conditions d’une coexistence harmonieuse avec les milieux et les acteurs du monde urbain environnant, mais également permettre le développement d’échanges de biens et de services, par la création de nouveaux débouchés pour l’agriculture.

Découvrez le site internet Manger Local à Paris-Saclay

Comité de pilotage

À l’initiative du Préfet d’Île-de-France et de Paris, un comité de pilotage a été créé. L’ensemble des acteurs institutionnels du territoire (EPA Paris-Saclay, Communautés d’agglomération, Chambre d’agriculture, services de l’Etat,…) réunis au sein du comité de pilotage de la Zone de protection agricole, naturelle et forestière se sont accordés sur la nécessité d’adopter une charte dont les objectifs sont :

  • Partager une vision commune de la gestion de la ZPNAF,

  • Etablir les typologies de projets, usages, installations et aménagements qui pourront ou non se développer dans la ZPNAF,

  • Instaurer un processus consultatif et de suivi des projets en ZPNAF.

Ce comité se réunira plusieurs fois par an sous la présidence de Madame la Sous-Préfète de l’Essonne pour le compte du Préfet de Région. Les élus seront associés aux réflexions en amont des décisions de ce comité de pilotage.

Un comité de suivi, dont l’animation pourrait être confiée à l’association Terre et Cité par l’EPA Paris-Saclay, veillera à la mise en œuvre du programme d’actions et constitue une instance technique pour débattre des projets en amont de leur validation par le comité de pilotage. Pour des raisons pratiques et logistiques, la composition et les réunions du comité de suivi s’appuieront sur celles du comité de programmation LEADER. L’intérêt de ce Comité de programmation est de rassembler non seulement des acteurs publics mais aussi des acteurs privés et associatif du territoire et de se placer dans une dynamique collective de projet pour les espaces agricoles et naturels de ce territoire. Il apparait indispensable que la mise en œuvre du programme d’actions de la ZPNAF soit conduite en relation étroite avec le programme LEADER dont Terre et Cité assure le portage et l’animation. Le programme LEADER pourrait être un des outils financiers de certains projets innovants impulsés dans la ZPNAF.

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En quelques dates

3/6/2010

La loi relative au Grand Paris crée une zone de protection naturelle, agricole et forestière à Paris-Saclay et confie à l’Établissement public la mission de délimiter cette zone.

12/3/2012

Une enquête publique est organisée au sujet de la délimitation de la ZPNAF.

27/12/2013

La zone de protection est délimitée par le décret n°2013-1298.

27/11/2015

L’Établissement public signe une convention de collaboration avec l’association Terre et Cité, qui regroupe élus, agriculteurs et représentants de la société civile.

7/5/2016

Sous l’égide de la préfecture de l’Essonne, un comité de pilotage, regroupant les services de l’Etat, est chargé d’élaborer un programme d’action qui fera l’objet d’une consultation des associations environnementales.

4/7/2017

Le Conseil d'administration de l'Etablissement public d'aménagement adopte le programme d'action de la ZPNAF.

11/10/2018

Signature de la Charte

Début 2019

Première évaluation du programme d’action pour les années 2017 et 2018

6/10/2020

Lancement des ateliers de co-construction du système d’évaluation du programme

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En 7 questions

Quelles sont les mesures prises pour préserver les terres agricoles et valoriser l’agriculture du plateau ?

L’espace naturel, agricole et forestier est l’objet à Paris-Saclay d’une attention toute particulière comme en témoigne la création, par la loi n°2010-597 du 3 juin 2010, d’une zone de protection naturelle agricole et forestière de 4 115 hectares dont 2 469 hectares de terres consacrées aux activités agricoles.

Ce dispositif législatif est unique en France. Il garantit que le projet d’aménagement d’intérêt national au service de l’enseignement supérieur, de la recherche et du rayonnement industriel de la France du XXIème siècle, soit conduit dans le respect des terres agricoles, naturelles et forestières qui sont une exceptionnelle richesse nourricière, paysagère et environnementale de la région d’Ile-de-France.

La préservation du foncier agricole au moyen de la zone de protection permet d’éviter la spéculation foncière et de maintenir un cadre favorable à la poursuite de productions culturales et d’élevage dans le respect de la liberté d’entreprendre des agriculteurs. 10 exploitations agricoles sont concernées par la ZPNAF. Elles ont une production variée  (céréales, légumes, fruits et fleurs,…). Certaines font l’élevage de volailles biologiques ou de vaches laitières.

L’EPA Paris-Saclay a initié un travail collectif avec les élus, agriculteurs, Terre et Cité et représentants de la société civile pour pérenniser ce secteur économique. Ce programme se matérialise entre autres par le travail déjà engagé de réflexion pour la mise en place de circuits courts sur le territoire (création de point de vente au sein des campus et des quartiers,…).

Quels dispositifs en circuit court existent ou seront mis en place ?

Un circuit court est un mode de commercialisation des produits agricoles qui se fait directement par le producteur, ou avec un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur (vente à la restauration ou à un commerçant par exemple). En matière agricole et alimentaire, ce territoire offre une représentation très diversifiée de l’agriculture périurbaine. Les producteurs tout en restant attachés à leurs productions originelles ont aussi pour ambition de développer d’autres formes d’agriculture en lien avec le territoire et ses habitants ; vente directe, transformation des productions de l’exploitation, développement de prestations pour les collectivités (entretiens des chemins…), AMAP,…

La ZPNAF  permet ainsi aux exploitants agricoles de développer leurs outils de production et de maintenir un cadre favorable à la poursuite de productions culturales et d’élevage. L’objectif est de développer une agriculture compétitive d’un point de vue économique permettant de répondre aux nouveaux besoins de ce territoire.

Avec une vingtaine de fermes présentes sur le Plateau de Saclay et plus de la moitié proposant des produits locaux en circuits courts, la plateforme Manger Local, lancée par l’EPA Paris-Saclay et Terre et Cité, valorise ainsi les agriculteurs du Plateau qui proposent une gamme de produits diversifiés : fruits et légumes, pain, produits laitiers, poulet et œufs, viande de mouton, miel, plantes, lentilles, jus et tisanes…Elle permet à chaque personne qui habite, travaille ou étudie sur le territoire de trouver toutes les informations pour manger local facilement : vente à la ferme, cueillettes, paniers livrés, épiceries participatives, paniers des AMAPs (Associations pour la Maintien de l’Agriculture Paysanne)… Les internautes peuvent aussi retrouver de nombreuses autres informations et astuces : recettes 100% locales et de saison, randonnées et ateliers pour découvrir les fermes, cartes pour accéder aux points de vente.

Quels sont les milieux naturels présents dans la ZPNAF ?

Les différents milieux naturels du plateau de Saclay constituent des habitats et micro-habitats variés pour l’ensemble des espèces animales et végétales.

  • Les friches

Quelques friches et zones buissonnantes sont présentes sur le territoire, elles résultent de l’abandon progressif ou brutal de secteurs entiers (empierrement ou jachère) de parcelles autrefois dévolues à une activité humaine. Ces milieux sont favorables à la biodiversité, tout particulièrement pour les insectes et les oiseaux.

  • Les milieux boisés

Le plateau agricole de Saclay est entouré d’un bandeau forestier quasi-continu (Forêts domaniales de Versailles, Port Royal, Palaiseau et Verrières). Ces coteaux sont intéressants pour la biodiversité du fait de l’hétérogénéité spécifique et paysagère des peuplements, et la présence simultanée d’arbres appartenant à toutes les classes d’âge, (arbres à cavités, arbres attaqués par des champignons, bois mort, etc.). Au sein de la zone agricole, les boisements sont très dispersés et de faibles dimensions ; souvent constitués par de jeunes peuplements issus de friches. Ces boisements apportent une diversité de micro-habitats importante. Cependant leurs dimensions et la surface totale représentée sont souvent trop faibles pour que cela constitue des habitats pérennes pour la biodiversité.

  • Les milieux humides

Le territoire est divisé en deux principaux bassins versants : le bassin versant de l’Yvette au sud et le bassin versant de la Bièvre au nord. Les zones humides offrent une grande diversité de micro-habitat qui contribue au développement harmonieux de la faune et de la flore. Talus, dépressions ponctuelles, dispositifs anti-érosion, plages de gravier, zones inondables plantées, prairies humides, bosquets et haies d’arbustes forment autant d’habitats pour les batraciens, les insectes, les oiseaux et les chiroptères.

Plusieurs mares, plus ou moins anciennes, sont localisées en bordure du plateau. Ces mares sont le plus souvent des habitats diversifiés, favorables aux amphibiens, en particulier pour les tritons crêtés (Triturus cristatus) et les tritons palmés (Lissotriton helveticus), des espèces emblématiques du plateau. Une des autres espèces majeures du territoire est l’étoile d’eau (Damasonium alisma), une espèce pionnière amphibie qui affectionne les plus bas niveaux des grèves limoneuses et vaseuses des étangs et mares.

  • Les continuités écologiques

Les grandes étendues naturelles du territoire, comme les étangs, rivières, rigoles, espaces boisés soulignant les coteaux ou parcs et jardins des zones urbanisées, constituent autant de continuités naturelles qui abritent une faune et une flore diversifiées et facilitent leurs déplacements sur le territoire. La trame verte et bleue a pour objectif d’enrayer la perte de biodiversité en participant à la préservation, la gestion de l’eau et la remise en bon état des milieux nécessaires aux continuités écologiques, tout en prenant en compte les activités humaines, et notamment agricoles, en milieu rural.

Afin de préserver les continuités entre les habitats et favoriser ainsi la mobilité des espèces animales et végétales, des inventaires de la faune et de la flore sont réalisés chaque année à l’échelle des zones d’aménagement concerté (ZAC) du quartier de l’École polytechnique et de Moulon. Ces recensements guident l’ensemble du travail de conception du projet urbain avec pour objectif de conforter les corridors écologiques identifiés, en restaurant ou recréant des milieux similaires ou complémentaires à ceux qui existent déjà sur le site de Paris-Saclay.

Que sous-tend le terme de corridor écologique dans le projet urbain et paysager du campus urbain ?

Parmi les principes qui guident l’aménagement du campus urbain Paris-Saclay, il y a la volonté affirmée de mettre en œuvre les objectifs du décret d’application de la loi du Grand Paris du 3 juin 2010 concernant la création d’une zone de protection naturelle, agricole et forestière du plateau de Saclay, et plus précisément de créer des liens entre les quartiers et cet espace protégé. Pour ce faire, les corridors écologiques du campus urbain sont les lieux d’harmonisation entre les espaces ouverts et l’agriculture d’un côté, la recherche et l’urbanité de l’autre. Les corridors écologiques pourront accueillir les pratiques agricoles diversifiées que sont les cultures céréalières, l’agriculture expérimentale, les maraîchages, les pâturages, les pépinières, les vergers, les jardins familiaux et potagers, tout en faisant place à la promenade et aux loisirs.

Leur rôle écologique sera affirmé pour renforcer les continuités naturelles et participer à la gestion de l’eau. Les rigoles patrimoniales, les bassins secs et les zones humides qui les parcourront contribueront à limiter les ruissellements, à améliorer la qualité des cours d’eaux, et à préserver et développer la biodiversité.

La ZPNAF est-elle un espace fermé ?

La ZPNAF est conçu comme un espace connecté avec les acteurs du plateau de Saclay et le campus Paris-Saclay. L’objectif du programme d’action est de mener des projets en commun, que les acteurs communiquent entre eux comme :

  • des réflexions entre étudiants et agriculteurs sur de nouveaux modèles économiques et de nouveaux débouchés,

  • des points de vente au sein du cluster pour l’ensemble des catégories d’acteurs (comme des étudiants, chercheurs, salariés, etc.),

  • des évènements pédagogiques de randonnées durables organisés par la Communauté d’agglomération Paris-Saclay.

En quoi la gestion de l’eau a marqué le plateau de Saclay ?

Au XVIIe siècle, des travaux hydrauliques remodèlent le plateau. Un système de rigoles est créé pour alimenter un réseau d’étangs qui converge vers les actuels étangs de Saclay situés au centre du plateau de Saclay. Deux aqueducs, celui de Buc et un souterrain, conduisent alors l’eau par gravité sur 10 km jusqu’aux bassins et fontaines du château de Versailles. Le réseau d’étangs de Thomas Gobert, architecte et ingénieur hydraulicien, a profondément modifié le plateau et ainsi permis le développement de l’agriculture là où il y avait autrefois des marécages. Le plateau est donc marqué par l’existence de zones humides en contexte agricole qui en jalonnent la surface.

La présence du réseau historique de rigoles souligne les lignes de niveaux de ce territoire relativement plat et enrichit la diversité des espaces naturels. La restauration des rigoles du plateau de Saclay, créées sous Louis XIV, est fondamentale, pour des raisons patrimoniales, mais aussi hydrauliques. En effet, les rigoles peuvent servir à diriger les débordements vers le centre du plateau plutôt que dans les vallées, maitrisant de ce fait le risque d’inondation.

Comment le tracé de la future ligne 18 est-il déterminé ?

Dès 2027, la ligne 18 du Grand Paris Express, un métro automatique hautement performant, reliera entre eux les pôles urbains existants et le plateau de Saclay aux hubs stratégiques du Grand Paris. La Société du Grand Paris a proposé un métro aérien et léger pour satisfaire en priorité la préservation de la Zone de protection naturelle, agricole et forestière et la biodiversité du plateau, limiter les vibrations, et prendre en compte l’augmentation progressive de la fréquentation. Le tout en faisant preuve de sobriété dans sa mise en œuvre en termes de construction et de financement. L’aérien permet en effet une réduction de l’impact environnemental, et ce, dès les travaux avec moins de déblais, et par conséquent, un nombre de camions et d’allées et venues sur les chantiers qui limite les émissions de CO2.

Les études préliminaires de la Société du Grand Paris ont permis une définition plus fine du tracé. La configuration du plateau se prête à un métro léger. L’aérien a pour avantage d’apporter une réponse écologique adaptée soucieuse des activités agricoles. Il présente une moindre emprise au sol qu’un tramway. Les viaducs dont la hauteur variera entre 7 et 11m, sont compatibles avec les autres mobilités et les activités agricoles : les voitures, les piétons, les cycles et les engins agricoles pourront aisément le traverser.

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La biodiversité animale et végétale

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Espèce rare, protégée sur le territoire français, l’étoile d’eau doit son nom à la forme caractéristique de ses fruits allongés, disposés en forme d’étoile. Elle pousse sur des milieux pionniers et temporaires. C’est une espèce annuelle, dite « à éclipse », qui croît, produit des graines, puis meurt dans l’année.

Le geai des chênes est un oiseau de taille moyenne – 35 cm environ – au plumage brun relevé de noir, blanc et d’une tache bleue sur les ailes, avec une houppe sur la tête qu’il peut relever lors de sa parade amoureuse ou lorsqu’il est dérangé. Habitant les forêts âgées et denses, il constitue des stocks de graines pour les mois d’hiver, et contribue comme l’écureuil au renouvellement des forêts. Très territorial, il émet un cri strident quand il est en alerte ; il est aussi un bon imitateur du chant d’autres oiseaux.

Le héron cendré est un grand échassier d’environ 95 cm de haut, pour 180 cm d’envergure. Il peut être vu à proximité des étangs où il chasse à l’affût les petits poissons et batraciens qui compensent sa nourriture. Il s’adapte bien au milieu urbain, et lui arrive de devenir familier de parcs et de grands espaces verts où il peut être approché de très près.

L’orvet est une espèce discrète qui apprécie particulièrement les boisements et leurs lisières, notamment les ourlets herbeux et autres ronciers dans lesquels il peut se dissimuler rapidement. Espèce fouisseuses, il apprécie les sols meubles, d’où sa présence dans des zones humides où le sol peut avoir une couche de litière et de mousse importante. Etant capable de réguler en partie sa température, il est moins dépendant que le lézard des murailles à des sites d’insolation. L’espèce n’est pas actuellement menacée, mais la disparition des haies et des friches lui est préjudiciable. Sa lointaine ressemblance avec une vipère l’expose également à des destructions intentionnelles alors qu’il s’agit d’un lézard sans pattes inoffensif.

Le réseau des rigoles, long de 62 km, a été construit entre 1680 et 1686 par l’ingénieur Gobert pour l’alimentation en eau du Château de Versailles. La restauration des rigoles du plateau de Saclay est un enjeu très important, pour des raisons patrimoniales, mais aussi pour des raisons hydrauliques. Il est mis en place une gestion de l’eau équilibrée et durable sur le plateau de Saclay, à la fois pour garantir les fonctionnalités agricoles, mais également pour la gestion du risque inondation sur le plateau et le maintien de la biodiversité.

Plusieurs espèces de tritons ont été localisées dans le campus urbain. Le triton crêté est le plus grand triton européen, avec une taille pouvant aller jusqu’à 18 centimètres. Ces trois espèces (triton crêté, palmé et ponctué) partagent un mode de vie amphibie : elles hibernent dans des abris terrestres, et ne fréquentent les mares et fossés que lors de la période de reproduction, de février à juin. Les larves s’y développent en deux à trois mois, avant de se métamorphoser en jeunes adultes qui se mettent en quête d’un abri terrestre au début de l’été. Les tritons, comme les salamandres, ont la propriétés de régénérer un membre coupé.

La bernache du Canada est une grande oie originaire d’Amérique du Nord. Reconnaissable à sa tête noire et à son corps sable et blanc, elle a été introduite en Europe et a rapidement colonisé espaces naturels et urbains, au point d’être considérée par endroits comme nuisible en raison de la taille de ses colonies et des dégâts causés aux espaces publics.

Papillon de taille moyenne vivant dans les zones d’herbes hautes, le Demi-deuil est reconnaissable aux motifs de ses ailes, qui alternent des taches noires et blanches. Il est également connu sous le nom d’échiquier commun.

Hôte des forêts, le cerf sait rester discret malgré sa grande taille. Son mode de vie nocturne et la vaste étendue de son territoire (plusieurs centaines d’hectares au minimum) font que sa présence peut parfois passer inaperçue. Le cerf laisse des indices très reconnaissables, comme des empreintes de pas ou des lambeaux d’écorce arrachés pour marquer son territoire.

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